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Le dumping et l’incompétence perturbent le monde de l’assistanat à distance

A la tête  d’une entreprise de secrétariat basée en Savoie, Isabelle Gauvin soulève, dans un post partagé en mode public sur le réseau social Google+, un problème que je souhaite aussi évoquer avec vous. Isabelle exprime à cette occasion une certaine exaspération – que l’on peut comprendre – face aux consoeurs et confrères appliquant une politique tarifaire susceptible de nuire à la réputation de la profession.

Si la catégorie que dénonce Isabelle relève en effet d’une problématique liée aux tarifs, il en existe, à mon sens, une seconde que l’on évoque peut-être moins mais dont l’impact sur la notoriété dont jouissent les assistantes indépendantes ne me semble pas négligeable : la problématique liée à des secrétaires proposant des prestations alors qu’ils/elles ne disposent pas des compétences requises.

 


Les secrétaires libérales appliquant des tarifs particulièrement bas

Il s’agit d’assistant(e)s « freelance » installé(e)s dans l’hexagone, appliquant des tarifs sans lien réel avec le coût du travail sur le marché français, mais de fait alignés sur ceux de pays émergents ou en voie de développement.

Avec un tarif horaire aussi bas, il apparaît impossible de dégager la moindre marge et a fortiori de pérenniser une entreprise.

Nous pourrions donc déduire que cette catégorie regroupe des personnes exerçant en libéral une activité de secrétariat, dont la motivation principale doit être recherchée ailleurs que dans celle de vivre de cette activité.

Leur pratique tarifaire peut apparaître de fait comme générant volontairement une situation de concurrence déloyale.

Les secrétaires libérales proposant des prestations sans disposer des compétences nécessaires

La seconde catégorie de secrétaires regroupe des assistant(e)s indépendant(e)s proposant des services pour lesquels ils/elles ne sont pas (ou insuffisamment) formé(e)s.

« Le travail utile est toujours effectué par des individus qui n’ont pas atteint leur niveau d’incompétence« . ~ B. Pivot [Les mots de ma vie]

On ne s’improvise pas assistant freelance, et encore moins lorsqu’on propose des services à distance. La valeur ajoutée d’un(e) assistant(e) est le fruit de ses compétences, de son  expérience et des diverses formations qu’il/elle s’attache à suivre pour apporter à ses clients les solutions de support les plus pertinentes pour répondre à leurs besoins, qu’ils soient ponctuels ou qu’ils s’inscrivent dans la durée.

Dans ce contexte, on peut s’interroger sur les raisons motivant certain(e)s à s’engager dans des missions pour lesquelles ils/elles n’ont a priori par le niveau de compétences nécessaires pour les mener à bien :

  • une méconnaissance de leur propre niveau de compétences et de savoir faire,
  • une mauvaise appréhension des compétences requises pour la réalisation de la mission demandée,
  • une mauvaise compréhension du besoin et des attentes formulées par le client,
  • l’inexpérience dans le métier.

Au démarrage d’une activité, la tentation est grande, notamment la première année lorsque les clients se font encore rares, d’accepter toutes les missions qui se présentent, négligeant, voire omettant, une réflexion à mener, avant même l’établissement d’un devis, entre l’adéquation du niveau de compétences et de son savoir-faire avec ceux requis pour la mission.

Accepter toutes les missions révèle une certaine inexpérience. Aucune assistante indépendante expérimentée verrait problème à annoncer à un client potentiel que sa priorité est bien de le satisfaire mais que, compte tenu de la spécificité de son besoin – qu’il s’agisse de la complexité du travail, de son volume ou son degré d’urgence – elle n’est pas en capacité de le prendre en charge et que, dans ce contexte, elle  lui propose de l’orienter vers quelqu’un disposant des compétences requises.

Réflexions sur l’impact des 2 catégories de secrétaires sur la bonne réputation dont jouit la profession

Bien qu’abondants sur Internet, les débats sur les personnes appliquant des tarifs totalement déconnectés de ceux du marché apparaissent au final plutôt vains.

Il existera toujours, ici ou ailleurs, des assistant(e)s pratiquant des tarifs horaires inférieurs à ceux du marché dans lesquelles ils/elles évoluent, comme il existera aussi des personnes pour promouvoir leurs services et d’autres pour les acheter. Une offre rencontre ici une demande. Prenons-en acte.

Pour autant, rappelons aussi que la pérennisation d’une entreprise de secrétariat indépendant ne repose pas sur la cible de clients évoquée au paragraphe précédent. De même, le tarif ne constitue pas le seul critère qui entre dans la décision d’un prospect de choisir un prestataire au détriment d’un autre.

A cet égard, l’entreprise que je dirige fournit une illustration parmi d’autres. Les tarifs horaires s’échelonnent de 32 €  HT (pour les prestations de secrétariat et d’assistance administrative) à 45 € HT (assistance webmarketing). La politique tarifaire de l’entreprise – qui, d’une part, traduit le contexte dans lequel elle opère (Paris) ainsi que les charges auxquelles elle est assujettie, et, d’autre part, le niveau de qualité des services qu’elle délivre – n’a pour autant pas entravé son développement, attesté par son passage du régime de l’auto-entreprise (2010 à 2012) au statut d’EURL (2012-aujourd’hui).

Les débats sur la question de l’incompétence semblent en revanche moins nourris.

Si la politique tarifaire est clairement affichée sur la plupart des sites web des professionnels exerçant leur activité en freelance,  l’incompétence est plus difficile à déceler d’un coup d’oeil.

Il n’existe pas de label qualité dans notre profession. Des retours d’expériences ratées peuvent  certes être donnés par les prospects mais ils sont rares car l’échec du prestataire est aussi le leur. Dans ce contexte, on peut conseiller à tous ceux qui envisagent l’externalisation de certains travaux de veiller à :

  • formaliser clairement leur besoin (tâches, volume, date de livraison) et leurs attentes  (niveau de formation et expérience requis…), et ce avant même de contacter le prestataire ;
  • s’assurer de l’adéquation entre le besoin et  la formation et l expérience du prestataire ;
  • connaître les dernières formations suivies par le prestataire ;
  • connaître les missions similaires à celle qu’il souhaite lui confier sur lesquelles il aurait déjà travaillé ;
  • connaître le temps depuis lequel il exerce son activité freelance ;
  • connaître ses références.
Je ne saurais dire dans quelle mesure ces deux catégories affectent  la bonne réputation dont jouit a priori la profession, formée très majoritairement- est-il  encore nécessaire de le rappeler  – d’assistant(e)s indépendant(e)s totalement investi(e)s dans la réussite de leurs clients. Qu’en pensez-vous ?

 

 

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